LE SCRIPT ART selon MIMO (ancrage dans l’histoire de l’art)
Le script Art s’inscrit dans une tradition artistique où l’écriture dépasse sa fonction de communication pour devenir une forme plastique autonome.
Depuis les expériences de l’écriture automatique du surréalisme jusqu’aux explorations gestuelles de certains artistes du XXème siècle, le langage a souvent été utilisé comme un territoire de transformation visuelle.
Dans cette perspective, l’écriture n’est plus seulement un vecteur de signification, de sens mais un matériau. Le Script Art explore un territoire situé entre langage et peinture. Il ne s’agit pas simplement d’introduire des mots dans l’image mais de déplacer l’écriture hors de sa fonction habituelle pour la faire entrer dans le champ de la forme. Le mot cesse d’être uniquement porteur de sens. Il devient ligne, rythme, tension graphique. Les mots, les phrases, les slogans ne sont plus tels qu’ils paraissent être. Ils disent autre chose que ce dont il s’agit de beaucoup plus poétique, excitant et addictif.
Ma démarche se situe dans cet espace intermédiaire où le mot oscille entre lisibilité et abstraction. Les signes écrits ne sont jamais totalement dissous mais ils ne sont pas non plus soumis exclusivement à la lecture. Ils deviennent des forces visuelles et vibratoires qui en structurent la surface. Chaque signe conserve la trace du mouvement qui l’a produit. L’écriture devient alors une empreinte physique du geste et du temps.
L’inesthétique et la dysharmonie jouent ici un rôle déterminant. Elles génèrent des tensions qui empêchent la composition de se refermer sur elle-même lors d’un équilibre trop normalisé. Elles autorisent l’accident, la dissonance, l’écart par rapport aux codes du beau. Plutôt que de résoudre les contradictions il s’agit de les rendre plus vives. Dès lors, l’œil ne peut plus se contenter de reconnaître : il doit explorer.
Cette instabilité ouvre un espace où l’interprétation devient active. Le spectateur n’est plus face à une image qui se donne immédiatement mais face à un champ de signes qu’il doit traverser (un chant de cygnes). Les ruptures de rythme, les superpositions ou les déformations de l’écriture créent alors un courant dynamique dans lequel le regard peut circuler.
Cette instabilité ouvre une dimension plus profonde de l’image. Lorsque la lecture se trouble, d’autres formes de perception apparaissent. L’esthétique de la courbe des mots écrits à l’envers donne le change à la polysémie des mots écrits à l’endroit.
Des associations imprévues émergent, souvent proches des mécanismes fluides de l’inconscient. Je m’intéresse à ce moment précis où l’harmonie attendue se fissure et où quelque chose d’improbable surgit.
Le Script Art explore ainsi un territoire où l’écriture devient geste, où le langage devient matière et où l’image se précise à la frontière du sens et de sa disparition.










